Retraites
Visite du secrétaire d'État aux retraites dans un Gaec de Haute-Saône

Alexandre Coronel
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Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État chargé des Retraites et de la Santé au travail, s’est rendu récemment dans un Gaec de Haute-Saône. Il a échangé sur le thème de la revalorisation des petites pensions agricoles.

Visite du secrétaire d'État aux retraites dans un Gaec de Haute-Saône
Laurent Pietraszewski s’est rendu à Mont-le-Vernois pour visiter le Gaec Normand à l’occasion de l’adoption par le Sénat de la loi de revalorisation des petites pensions agricoles.

En déplacement en Haute-Saône après l’adoption par les sénateurs d’une proposition de loi visant à revaloriser les retraites des conjoints collaborateurs de chefs d’exploitation agricole, le secrétaire d’État Laurent Pietraszewski s’est rendu en Haute-Saône, à Mont-le-Vernois, près de Vesoul, pour visiter le Gaec Normand. Il a été accueilli par les exploitants : Mathieu et sa sœur Lydie, ainsi que par leurs parents, Daniel et Jeanine. « Je me suis installé en 1998, a relaté Mathieu, et Lydie en 2006, quand mon père a pris sa retraite ». En 2019, Jeanine a pris à son tour la retraite. « Mais je continue à donner un coup de main sur la ferme ! », assure-t-elle, pleine d’enthousiasme. Transmission familiale en douceur donc, pour cette exploitation de polyculture élevage dont les 60 montbéliardes produisent du lait destiné à la transformation fromagère par la laiterie Milleret, de la viande, avec 70 vaches allaitantes, et des céréales destinées pour partie à l’alimentation du cheptel. La surface utilisée atteint 250 ha.

Transmission familiale

Le secrétaire d’État a loué la rapidité de la mise en œuvre de la loi Chassaigne : « cette mesure, qui permet de garantir une retraite minimale à 85 % du Smic net pour les anciens chefs d’exploitations agricole ayant une carrière complète, est entrée en vigueur deux mois avant la date annoncée par le Premier ministre en avril dernier. Il faut souligner le travail important effectué par la MSA au cours de ces derniers mois pour rendre cela possible ». Second motif de satisfaction : l’adoption toute fraîche par le Sénat d’une deuxième proposition de loi visant à revaloriser les retraites des conjoints collaborateurs de chefs d’exploitation agricole (lire ci-dessous) et des aides familiaux. « C’est une mesure qui va dans le sens de la justice, il est normal que ceux qui ont travaillé pendant toute leur vie pour nourrir les autres bénéficient de la solidarité nationale », a-t-il déclaré, avant de chiffrer à 2,5 milliards d’euros le coût de cette mesure. Le tour des bâtiments d’élevage a été l’occasion d’aborder avec le membre du gouvernement, outre la question des retraites, de nombreux sujets de préoccupations des agriculteurs. Ainsi Emmanuel Aebischer, le président de la FDSEA, s’est fait le relais d’une inquiétude montante au sujet de la dynamique laitière départementale. « Avec la hausse des cours des céréales et des protéagineux, les coûts alimentaires ont explosé : il faut compter 1,50 € supplémentaire par vache et par jour… il faut quatre litres de lait pour payer ce surcoût ! S’il n’y a pas une augmentation du prix du lait payé aux producteurs, qui permette de compenser cette hausse du prix des matières premières, on va dans le mur ». Se faisant expliquer le fonctionnement des capteurs d’activité qui équipent les vaches et celui du distributeur automatique de concentré, le secrétaire d’État s’est intéressé aux moyens technologiques de pointe employés par les éleveurs pour piloter la santé du troupeau et limiter le gaspillage alimentaire. « Même en étant très pointus, l’augmentation des charges n’est pas compensée par un prix du lait suffisant », assure Mathieu Normand. Le Gaec actionne d’autres leviers économiques, comme l’utilisation de matériel en commun, via la Cuma du Mont de Velle. « Le fait d’avoir un hangar, que j’ai racheté à un ancien agriculteur du village à son départ en retraite, a dynamisé la Cuma ». Ainsi la mélangeuse distributrice utilisée quotidiennement par l’exploitation pour préparer les rations fait partie du parc de la Cuma. Également, un local de stockage des produits phytosanitaires et une aire de rinçage des pulvérisateurs. Dernière acquisition : un tracteur dédié au travail du sol. « Bout à bout, avec les autres adhérents nous arrivons à plus de 1 000 heures par an avec ce tracteur, avec un coût horaire très raisonnable, une facturation transparente, et le gros avantage de disposer d’un matériel performant et bien entretenu. ».

Production d’énergie

L’agriculteur a aussi présenté la SAS Agro Énergie du Pertuis, l’unité de méthanisation collective en service depuis un peu plus d’un an sur la commune voisine, Raze. « Ce projet a permis de fédérer 12 exploitations du secteur, qui ont mis en commun des moyens pour valoriser les déjections animales et produire de l’énergie ». Autre sujet abordé, celui du bien-être animal, et des critiques récurrentes de la part des « anti-viande », qui voudraient abolir l’élevage. Lydie Normand table sur la pédagogie en direction des jeunes générations : elle participe chaque année à l’opération « made in viande », organisée par Interbev, et reçoit dans ce cadre un public scolaire sur l’exploitation. « C’est l’occasion de montrer comment nous travaillons », précise-t-elle.