Economie
Une nouvelle marque lancée par Alliance BFC

Berty Robert
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Nous Autrement : préparez-vous à voir ces deux mots de plus en plus fréquemment. Il s’agit d’une marque « ombrelle » créée par Alliance BFC, le regroupement des coopératives Dijon Céréales, Terre Comtoise et Bourgogne du Sud.

Nous l’évoquions dans nos colonnes dès le 24 décembre dernier : Alliance BFC, au sein de laquelle sont fédérées les coopératives Dijon Céréales, Terre Comtoise et Bourgogne du Sud, lance une marque « ombrelle » dont le nom est « Nous Autrement ». Elle a été officiellement portée sur les fonts baptismaux le 10 janvier, face à la presse, par les trois présidents des coopératives (Lionel Borey, Bourgogne du Sud; Didier Lenoir, Dijon Céréales ; Clément Tisserand, Terre Comtoise et président d’Alliance BFC), accompagnés de leurs trois directeurs généraux respectifs : Bertrand Combemorel, Christophe Richardot et Frédéric Moine.

Qualifier une démarche

Une marque, pour quoi faire ? Beaucoup de choses en somme, comme l’a rappelé Clément Tisserand, puisqu’au-delà de la dimension purement marketing et commerciale d’une telle initiative, il s’agit de qualifier une véritable démarche qui touche à la fois à la question de la juste rémunération des agriculteurs, à un partage équilibré de la valeur, à la revalorisation du métier d’agriculteur, à la vitalité des territoires de BFC, à la préservation de l’environnement et même à l’export… « Cette marque symbolise un engagement très fort, souligne Lionel Borey, à produire et à consommer autrement ». « Nous Autrement » repose sur une charte de onze engagements (voir encadré) et Alliance BFC dispose d’un canal de communication tout trouvé pour les faire connaître des consommateurs : son réseau de 51 magasins Gamm Vert qui totalise, selon Christophe Richardot « 1,6 million de passages en caisse par an ». La marque s’appuie aussi sur un site internet lancé le 12 janvier. À ceux qui pourraient s’interroger sur la pertinence de mettre sur le marché une marque alors que d’autres marques ou labels territoriaux ont déjà fleuri ces dernières années, les promoteurs de « Nous Autrement » opposent la dimension plus large de leur initiative : la marque n’est pas qu’un logo apposé sur un produit, mais une vraie démarche culturale, de transformation et de distribution, qui concerne un large panel de produits (productions végétales, alimentation, productions énergétiques, productions animales, et même jardinage et espaces verts).

De la baguette de pain au biogaz

Dans cette dynamique d’ensemble qui, pour schématiser, va de la baguette de pain au biogaz, en passant par l’aliment pour poules pondeuses, les labels et marques régionales ou départementales sont invités, au contraire, à s’inscrire, dans une démarche partenariale et complémentaire. Julien Lepont, responsable marketing et attractivité au Conseil départemental de Côte-d’Or, soulignait, lors de la présentation du 10 janvier, la nécessité d’agir en coconstruction « et d’être forts ensemble afin d’accroître la notoriété des produits locaux ». « Il faudra effectivement une convergence entre nous », confirmait Christophe Richardot. Le lancement de la marque « Nous Autrement » représente pour Alliance BFC, un investissement de l’ordre de 100 000 euros. « Dans son esprit, insistait Clément Tisserand, cette marque présente un fort avantage par rapport à d’autres qui ne se rapportent qu’à un produit ou type de produits : nous couvrons un prisme plus large, avec un véritable esprit de filière ». La démarche apparaît donc structurante ce qui n’est pas anodin dans le contexte de mise en place de contractualisations liées aux lois Égalim I et II. Les producteurs, transformateurs ou distributeurs souhaitant rejoindre la marque devront remplir un dossier et être en adéquation avec les onze engagements de la charte. Un comité d’agrément se réunit chaque mercredi pour étudier les candidatures. Dans un premier temps, « Nous Autrement » va apparaître dans les rayons des Gamm Vert avant un élargissement à tous les canaux de distribution. Dans les semaines qui viennent, des rencontres sont programmées avec des acteurs majeurs de la production alimentaire en BFC, dans l’optique du déploiement de la marque.

www.nousautrement.fr

Onze engagements

La marque « Nous Autrement » repose sur une charte qui comprend onze engagements.

1 - Qui peut rejoindre la marque ? Des producteurs, des transformateurs et des points de vente locaux. Les producteurs doivent s’engager à produire localement en BFC et dans le respect de pratiques durables. La transformation doit aussi être locale.

2 - S’engager à valoriser les filières régionales. Le but est de disposer d’une traçabilité du champ à l’assiette. Il s’agit de participer à l’approvisionnement de consommateurs locaux, pour eux-mêmes ou pour leurs animaux d’élevage, ou même pour leurs sources d’énergie.

3 - Acheter local et contribuer à l’emploi. Intégrer la marque, c’est le moyen de favoriser l’achat local dans sa chaîne de production. Il s’agit d’assumer une préférence régionale dans le but de promouvoir le dynamisme économique des territoires de BFC.

4 - Adopter une approche régionale de l’agriculture. Il s’agit de promouvoir des acteurs qui contribuent à l’aménagement de territoires et à la qualité de l’environnement. Ces acteurs s’engagent à développer l’agroécologie ou à s’appuyer sur des outils d’aide à la décision en respectant, par exemple, les bonnes pratiques d’élevage.

5 - S’engager pour une juste répartition de la valeur entre acteurs. La marque s’engage à veiller à la répartition équilibrée de la valeur au sein de la filière et au retour équitable pour les producteurs, dans la lignée des lois Égalim.

6 - Valoriser les engagements et les valeurs auprès des entreprises, industries, marques et enseignes partenaires.

7 - Mettre le consommateur au cœur de la démarche, afin d’être à l’écoute des attentes sociétales et de leurs évolutions.

8 - Adopter une approche durable, afin de permettre, notamment, la réduction des emballages et du gaspillage.

9 - Respecter et intégrer les dynamiques et les labels locaux.

10 - Être en lien avec les valeurs de la coopération agricole.

11 - Faire rayonner la qualité de produits régionaux, aux niveaux national et international.