Volailles
Le concept de la mobil'œufs

AG
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Un couple d’éleveurs a créé un petit poulailler mobile à Molphey. L’équipement présente plusieurs avantages, dont celui de faire voyager les poules de prairies en prairies.

 

Le concept de la mobil'œufs
Angélique et Benoit Ligeron, devant leur nouvel atelier.

Angélique Ligeron, salariée sur la ferme de son mari Benoît, était à la recherche d’un petit complément de revenu. Sa requête s’est finalisée il y a quelques semaines par la conception d’un poulailler à taille humaine destiné au ramassage et à la vente d’œufs à la ferme. La mobil'œufs, comme son nom l’indique, peut se déplacer pour permettre aux poules de bénéficier d’une herbe verte toute l’année. « À cause des restrictions de la grippe aviaire et de la mise en place de filets, nous ne pourrons malheureusement pas la bouger jusqu’en mars, mais nous le ferons dès que nous en aurons la possibilité car c’est le but recherché, pour avoir des œufs de qualité avec l’aliment Label rouge que nous leur donnons », indique la jeune éleveuse.

Un été à plancher

Le couple de Molphey n’a pas manqué d’ingéniosité pour concevoir et fabriquer la mobil'œufs : « nous nous sommes procuré une vielle bétaillère qui ne servait plus, nous avons refait le plancher, fabriqué un toit, bardé et isolé la structure. Nous avons acheté des petites auges à moutons que nous avons soudées sur le côté avec des capots pliants, elles servent aujourd’hui de pondoirs. Les œufs sont ramassés depuis l’extérieur, nous n’avons pas à entrer à l’intérieur si ce n’est pour nettoyer. La mobil'œuf est équipée d’un réservoir d’eau à niveau constant et bien d’autres petits équipements ». Le coût de l’investissement ne dépasse pas les 2 500 euros, chose que recherchaient Angélique et Benoit Ligeron : « l’idée de départ était de dépenser le moins possible, ce type d’outil assez fréquent à l’étranger comme aux États-Unis ou en Allemagne peut vite coûter cher si nous l’achetons neuf. En contrepartie, nous y avons passé quasiment tout notre été afin d’être prêts en septembre. En plus de son prix, avec la mobilité, il n’y a pas eu besoin de faire une demande d’un permis de construire, c’était un autre avantage ». Les cinquante poules pondent en moyenne 44 œufs par jour, toute la production est écoulée dans un petit espace de vente construit à quelques mètres du poulailler. Le local est ouvert chaque samedi de 9 heures à midi, des livraisons peuvent aussi être effectuées. La demi-douzaine d’œufs est vendue 2 euros, la douzaine est à 3,50 euros. Contact : 06 33 02 22 54, angelique.ligeron@gmail.com, page Facebook « La mobil'œufs »

D'autres idées en amont
Un espace de vente est ouvert le samedi matin. Des livraisons peuvent aussi être effectuées.

D'autres idées en amont

Angélique et Benoit Ligeron, récemment installés, élèvent 80 vaches charolaises, coupent et vendent 2 000 sapins de Noël chaque hiver. Ces deux agriculteurs de 33 et 37 ans partagent ici les réflexions les ayant menés jusqu’à la conception de ce poulailler : « Nous voulions nous diversifier depuis l’an dernier, sans augmenter nos deux principales productions. Nous avions déjà opté pour des panneaux photovoltaïques. Dans un premier temps, nous nous sommes renseignés auprès du Parc naturel régional du Morvan pour élever des porcs en plein air, une filière existe depuis peu et consiste à engraisser une centaine d’animaux par an, destinés à la restauration locale. La plus-value est apparemment intéressante, mais il y avait trop de contraintes pour nous, notamment au niveau du parcellaire. Il fallait, en plus, disposer d’un bâtiment en hiver. Nous avons abandonné cette idée, mais peut-être pas définitivement. L’élevage ovin a fait partie de nos autres réflexions, mais comme pour les porcins, il y aurait eu beaucoup trop d’investissements et de travail de pose de clôtures. Nous nous sommes donc dirigés vers les poules en nous inspirant d’une connaissance qui en faisait déjà ».