Le 28 janvier dernier, le contrat de territoire « eau et climat » pour la protection des captages prioritaires du nord de la Nièvre était signé. Il pose les bases d'un programme d'actions sur 3 ans. 

 

« Eau et climat » : la protection des captages
Le CTEC rassemble des partenaires comme la Chambre d'agriculture de la Nièvre ou encore Bio Bourgogne. Il est porté par la Ville de Clamecy, mais implique l’ensemble des maîtres d’ouvrage des captages Grenelle du territoire : Clamecy, le SIAEP de la Bourgogne Nivernaise et les communes de Brinon-sur-Beuvron et de Dornecy ont ainsi renouvelé leur partenariat pour les 3 prochaines années.

« L’eau est une ressource commune qu’il faut préserver notamment en réduisant l’utilisation des herbicides sur les exploitations » pointe Nicolas Bourdoune, maire de Clamecy signataire du contrat de territoire eau et climat CTEC, avec Francis Schneider, directeur territorial Seine-Amont de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Ce dernier précise : « Les caractéristiques karstiques du territoire rendent les eaux souterraines particulièrement vulnérables aux pollutions par les nitrates et produits phytosanitaires ».

Des progrès à poursuivre

Monsieur le Maire rappelle que : « Cela fait quelques années que les pratiques agricoles évoluent et que la qualité de l’eau s’améliore. Mais, il ne faut pas relâcher nos efforts collectifs dans cette reconquête ! C’est pour cela que nous espérons que le CTEC permettra d’accélérer les démarches et les engagements de chacun notamment par la mise en place de l’expérimentation des paiements pour services environnementaux (PSE) à destination des exploitants agricoles ». La ville de Clamecy et la commune de Brinon-sur-Beuvron se sont en effet associées pour expérimenter ce dispositif sur leurs territoires respectifs.

Démocratiser les pratiques

Benoît Mathé, exploitant et élu à la Chambre d’agriculture de la Nièvre, pointe de son côté : « J’espère que les PSE démocratiseront les pratiques un peu plus vertueuses en agriculture, tout en permettant de maintenir une rentabilité économique dans les exploitations, car c’est l’une de nos préoccupations. De plus, je pense qu’il faut tout faire pour que l’agriculture ait encore sa place sur ces terrains sensibles. Pour cela, il faut trouver des solutions et un changement de gestion est une piste à envisager. La Chambre est d’ailleurs là pour aider dans ce processus ». Bio Bourgogne est également partenaire du CTEC. Ce dernier est mis en place pour 3 ans, de 2022 à fin 2024 avec un montant prévisionnel de 1,4 million d’euros afin de déployer les actions définies comme l’encouragement des techniques alternatives au désherbage chimique, la poursuite de l’accompagnement au développement de l’agriculture biologique et au soutien technique pour développer les couverts végétaux.

Qu'est-ce que les PSE ?

Les PSE ou paiements pour services environnementaux, financés à 100 % par l’Agence de l’eau Seine Normandie, rémunèrent les exploitations aux pratiques vertueuses pour la préservation des nappes souterraines. Cela passe notamment par la réduction de produits phytos. À ce jour, 16 agriculteurs des trois bassins d’alimentation de captages (BAC) où est expérimentée la démarche se sont engagés sur 5 ans pour cela.

 

Le territoire du CTEC

Le CTEC (Contrat de territoire eau et climat) regroupe les six bassins d’alimentation de captages prioritaires du nord du département nommés les BAC de Surgy, du Foulon, de la Fontainerie, de Dornecy de Corbelin et de Brinon-sur-Beuvron. Cela couvre plus de 9 500 ha (dont 5 350 ha de SAU) et concerne environ 120 exploitations.