Fin janvier, s’est tenu la Conférence régionale de l’économie sociale et solidaire en Bourgogne-Franche-Comté. Parmi les ateliers qui ont ponctué cet événement, l’un était consacré à l’envie de consommer local. Un thème illustré par l’action de l’association de la Ferme de Barboulotte, en Côte-d’Or.

Agriculture et économie sociale et solidaire (ESS) peuvent aller de pair. L’association de la Ferme de Barboulotte, en Côte-d’Or, le prouve, depuis sa création, en 2020. La structure était invitée à présenter ses actions et son fonctionnement, dans le cadre de la Conférence régionale de l’ESS, organisée en visioconférence le 20 janvier. Cette présentation a eu lieu au sein d’un atelier consacré à l’envie de consommer local. Il s’agissait, pour les participants, de comprendre en quoi cette envie, mise en relief à l’occasion de la crise sanitaire, peut constituer un levier de créations d’activités et d’emplois pour l’ESS. La Ferme de Barboulotte, dont le siège est à La Motte-Ternant, près de Saulieu, est présidée par Christophe Bonnot. C’est à la fois une exploitation maraîchère biologique, un chantier d’insertion professionnelle et un restaurant d’application, le « Ptiot zinc », à Saulieu. C’est lors du premier confinement, en mars 2020, que Christophe Bonnot a constaté la forte hausse des fruits et légumes dans les grandes surfaces. Il a considéré qu’il y avait peut-être quelque chose à faire face à ce constat, permettant à la fois de consommer local et de créer de l’activité économique sur ce territoire morvandiau. Il a consulté les animateurs de différents Projet alimentaires territoriaux (PAT) afin d’y puiser de l’inspiration et des pistes de travail. L’association a permis la création de deux entreprises : Bâtiment BEB, et un laboratoire de transformation de légumes.

Une vraie dynamique de territoire

En avril dernier, l’association a bénéficié d’une parcelle de 4,5 hectares mise à disposition par un agriculteur et a pu commencer à cultiver ses légumes. Aujourd’hui, cette activité s’étend sur près de 7 hectares. « Près de 12 équivalents temps plein ont été créés et la structure emploie six salariés permanents » précise Christophe Bonnot. Selon Franck Debeaupuis, le vice-président de la communauté de communes des Terres d’Auxois, l’activité de la Ferme Barboulotte a permis un retour à l’emploi de quatre personnes qui sont passées par le processus d’insertion mis en place par l’association. Pour Martine Eap, maire de Précy-sous-Thil « l’action mise en place par l’association a permis de redonner au public concerné une certaine fierté d’appartenir à ce territoire. La vente des légumes produits sur les marchés contribue à recréer du lien social ». La Barboulotte a bénéficié du soutien du plan France relance, ce qui lui a permis d’acquérir un minibus pour transporter les personnes en insertions sur les chantiers. La Barboulotte peut revendiquer un sujet légitime de fierté : certains des légumes produits sont achetés par le restaurant Loiseau, à Saulieu. L’avenir est aussi riche en projets : une boulangerie pour alimenter en pain de qualité les restaurations collectives du secteur, et le montage d’une usine de transformation de chanvre, en partenariat avec Dijon Céréales. Il se pourrait même qu’une culture de thé soit lancée prochainement. À suivre donc.