Les 27 et 28 septembre, une soixantaine de personnes a participé à un voyage d’étude organisé par la Chambre régionale d’agriculture de Bourgogne-Franche-Comté dans le département de la Loire. Le but était d’ouvrir la réflexion la plus large possible afin d’imaginer l’avenir des filières d’élevage.

Voyage d'étude dans la Loire sur l'élevage allaitant (1)
Christian Decerle, (à gauche), président de la Chambre régionale d'agriculture de BFC, en compagnie de Raymond Vial, président de la Chambre d'agriculture de la Loire.

« Tout seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin ». Ce proverbe africain résume assez bien l’esprit dans lequel le voyage d’étude organisé les 27 et 28 septembre dans la Loire par la Chambre d’agriculture régionale de Bourgogne-Franche-Comté (BFC) a pris naissance. L’ambition de départ – se questionner sur l’avenir des filières d’élevage, en particulier en bovins allaitants - réclamait effectivement une capacité à faire naître une réflexion nourrie d’exemples divers et de regards multiples. Elle s’inscrit dans un projet précis : redynamiser la filière de l’élevage bovin allaitant et permettre aux éleveurs de BFC de vivre de leur travail en étant correctement rémunérés, en retrouvant du sens à leur métier et une qualité de vie améliorée. Une ambition qui repose sur cinq axes pré-identifiés :

- Favoriser les installations et transmissions

- Accompagner les exploitations dans la recherche de la résilience économique et environnementale ainsi que leur autonomie alimentaire

- Approvisionner l’ensemble de la restauration collective à partir de viandes locales

- Communiquer à l’attention des agriculteurs et des conseillers

- Valoriser la filière bovins allaitants régionale vis-à-vis des collectivités et du grand public.

Le choix de la Loire, et plus précisément de la région de Roanne, ne doit rien au hasard. La Chambre d’agriculture de ce département a mené, en 2021, une étude visant à dresser un bilan individualisé de la situation des exploitations de bovins allaitants. Le but était d’identifier les actions nécessaires afin d’améliorer le niveau de vie et de rémunération des éleveurs, mais aussi de faciliter les reprises d’exploitations, et donc, d’assurer l’avenir.

Partager des travaux

L’étude, (voir encadré) réalisée à partir de rencontres avec 235 éleveurs, a attiré l’attention des services de la Chambre régionale d’agriculture de BFC. Christian Decerle, président de la Chambre régionale d’agriculture BFC, remet ce voyage dans son contexte : « sur les cinq dernières années, on a eu quatre années de sécheresse et de canicule, ce qui a aggravé le moral déjà un peu fragilisé, dans le monde de l’élevage en général, et plus particulièrement dans le troupeau de races à viande. Au départ, nous souhaitions seulement partager les travaux conduits par la Chambre d’agriculture de la Loire, mais, quitte à se déplacer, nous avons estimé qu’il fallait élargir à l’ensemble des filières de l’élevage. Durant ces deux jours, nous avons pu balayer une grande diversité de sujets qui touchent à l’ensemble des productions animales. Ce voyage a attiré des éleveurs, des élus de Chambre, deux Conseillers régionaux, la Draaf des collaborateurs, des techniciens, des représentants du secteur bancaire, des syndicats, le réseau CER France, l’Inrae… Il ne doit pas rester sans suite. Le but est que ce déplacement permette la poursuite, à notre niveau, d’un travail solide, une dynamique collective au sein des Chambres d’agriculture de notre région, afin de faire progresser notre offre d’accompagnement des exploitations ».

L'étude de la Chambre d'agriculture de la Loire

L’étude qui est à l’origine de ce voyage a porté sur 235 éleveurs possédant au minimum 40 vaches, dans le nord du département. Ses principaux enseignements sont les suivants :

- un lien clair entre résultats techniques et revenu des exploitants

- les facteurs de réussites identifiés sont : la finition des femelles, un foncier groupé et des vêlages d’automnes groupés

- les facteurs de difficulté : une mécanisation trop importante et un montant d’annuités représentant plus de 55 % de l’EBE

- 25 % des exploitations enquêtées présentent de bons résultats comparables aux fermes de référence

- 20 % des exploitations sont en difficultés financières

- 30 % des exploitants enquêtés cesseront leur activité dans les 5 ans