L’association Elvéa 21-89 tenait son assemblée générale le 15 septembre à Vitteaux. Elle affiche une bonne dynamique dans un contexte pourtant préoccupant de décapitalisation.

Elvéa 21-89 en AG
Lors de l'assemblée générale, à Vitteaux, le président, François Deroye (à droite) était accompagné de Philippe Auger, président d'Elvéa France.

Pour François Deroye, président de l’association d’éleveurs bovins et d’acheteurs Elvéa 21-89, trois constats s’imposent : la baisse du cheptel bovin, la hausse des charges à laquelle sont confrontés les éleveurs, et la nécessaire adaptation au changement climatique. C’est au cœur de ce triangle qu’il faut désormais travailler, « avec l’apport supplémentaire de la loi Egalim II, ajoutait-il, qui a permis de faire réfléchir l’aval de la filière à la rémunération des éleveurs ». Ce constat était dressé lors de l’assemblée générale de la structure, le 15 septembre, à Vitteaux, en présence de Philippe Auger, président d’Elvéa France. L’association regroupe une majorité d’éleveurs de Côte-d’Or mais elle compte aussi dans ses rangs quelques professionnels de l’Yonne, localisés sur le canton d’Avallon. La baisse du cheptel est une réalité que personne ne peut nier : en Côte-d’Or, le nombre de vaches allaitantes a baissé de 6 % depuis 2017 et les dossiers d’Aide aux bovins allaitants (ABA) ont suivi la même trajectoire, de manière encore plus prononcée (-10 %). Du côté des naissances de veaux à viande, en dix ans, leur nombre a diminué de 5,6 %. Dans ce contexte, le nombre d’adhérents à Elvéa 21-89 est pourtant resté stable avec 166 éleveurs et 25 acheteurs. Ils représentent un quart du cheptel de vaches allaitantes en Côte-d’Or.

Bonne valorisation

Au sein d’Elvéa 21-89, on se réjouit évidemment de la bonne tenue des cours de viande bovine entamée en 2021 et qui perdure actuellement. Sur 2021, 61 % des ventes se sont faites en maigre. Le prix des laitonnes est aussi en hausse quasi continue, au contraire des taurillons maigres qui se vendent de moins en moins. Les taurillons gras charolais sont en forte hausse depuis l’été 2021. Idem pour les génisses grasses, les vaches grasses charolaises et les taureaux gras charolais. Du côté des outils de gestion, on note que 53 éleveurs d’Elvéa 21-89 utilisent le logiciel de traitement de troupeau Oribase. 49 élevages sont également qualifiés en IGP Charolais de Bourgogne. En 2021, 121 animaux ont été éligibles à l’IGP ce qui s’est traduit par un supplément de revenu de 10 centimes d’euro par kg de carcasse. Plus de 5 600 euros ont ainsi été reversés aux éleveurs concernés. Par ailleurs, près de 5 000 euros sont aussi revenus à ceux impliqués dans la démarche Producteur responsable Intermarché, qui entraîne 11 centimes d’euro de plus par kg et pour laquelle 111 animaux ont été éligibles. Il faut aussi noter qu’Elvéa France a créé en 2021 une AOP dans le secteur bovin à l’échelle nationale : 25 Elvéa sur 29 y adhèrent, dont Elvéa 21-89. Pour conclure, au chapitre de l’activité menée par la structure auprès de ses adhérents en 2021, 140 assistances à des dossiers PAC ont été conduites ainsi que la réalisation de 80 cahiers d’épandage. Une activité qui se complète, depuis 2021 par la réalisation de plans d’épandage pour lesquels l’association est désormais agréée.