À l’issue de cette période de récoltes 2022, la Cocébi dresse un bilan mitigé des récoltes. L’hétérogénéité est flagrante sur la vingtaine de productions collectée par la coopérative icaunaise mais les qualités sont au rendez-vous. Reste une inconnue de taille : le comportement des marchés.

Bilan des récoltes 2022 pour la Cocébi
La féverole restera la culture la plus décevante dans ses rendements, pour la Cocébi en 2022. (Crédit photo Jean Weber)

Ce qui émerge au regard des nombreuses cultures collectées par la Cocébi, c’est la grande hétérogénéité des rendements observés, même si, comme le reconnaît d’emblée Romain Schaetzel, directeur de la coopérative bio, il est encore trop tôt pour disposer de chiffres précis. Les natures de sols et les aléas climatiques ont joué dans ces résultats. Sur certaines zones du département, la pluie et la grêle de la fin du mois de juin ont pu avoir un réel impact sur les cultures. « Dans l’ensemble les rendements sont satisfaisants, précise Romain Schaetzel, directeur de la coopérative, avec néanmoins, une exception : les cultures de féveroles. Là, les rendements sont très en retrait de ce qui était attendu ».

Bonne qualité sur les blés

Pour les autres cultures de la coopérative, en dépit d’une indéniable hétérogénéité, les rendements semblent corrects et la Cocébi devrait parvenir à un résultat correspondant à son prévisionnel. « Pour cette récolte 2022, résume Romain Schaetzel, notre prévisionnel, en volume global, toutes cultures confondues, est de 36 000 tonnes, majoritairement sur l’Yonne où se trouvent 80 % de nos adhérents ». Pour ce qui concerne les qualités, là aussi la satisfaction, dans l’ensemble, est au rendez-vous. En blé, les niveaux de protéines se situent dans les moyennes attendues. Même constat, sur cette culture, pour les niveaux de poids spécifique et pour les TCH. Des données qui représentent clairement une différence par rapport à ce qui avait été constaté en 2021, où la récolte avait été assez compliquée, concernant ces critères. « Ces constats sont assez similaires sur la vingtaine de produits différents collectée par nos soins », poursuit le directeur de la Cocébi. Dans cet ensemble, la part du blé représente environ 40 % de la collecte. L’avoine est également collectée dans des proportions importantes (15 % du total), du fait que la coopérative a un gros projet sur cette culture, avec l’implantation d’une unité de production de flocons d’avoine prévue pour l’automne 2023 (Voir Terres de Bourgogne 1660 du 17 décembre 2021). Parmi les autres cultures, on trouve de la lentille, de la féverole, de l’épeautre, du petit épeautre, du maïs, de l’orge, des pois, du seigle…

Marché compliqué à lire

Toutes ces cultures bios ont dû faire avec une sécheresse importante dès le printemps mais ce contexte climatique a, en revanche, simplifié les opérations de récolte. « Au sortir de cette période de récolte, souligne Romain Schaetzel, nous sommes sur un marché qui est très compliqué à lire. Dans ce contexte, il est difficile d’avoir la moindre certitude. On est confronté à un marché du bio en ralentissement. Cela impacte les volumes et les rythmes de commercialisation que l’on peut connaître. Il faut aussi considérer que, concernant les prix, le bio est un marché assez décorrélé du conventionnel. De ce point de vue, on a clairement une différence entre le blé et les autres produits. Sur le blé, nous sommes sur un marché français qui est maintenant excédentaire et qui a donc tendance à orienter les prix à la baisse. Ce n’est pas le cas sur les autres produits où nous avons une situation plus équilibrée ». À cela s’ajoutent les produits fourragers qui entrent dans la fabrication d’aliments du bétail. Or, les fabricants de ces aliments voient leur activité impactée par le ralentissement de la consommation de produits bio et par la grippe aviaire. L’un des principaux débouchés des fabricants étant l’alimentation des volailles. Pour la Cocébi il faudra donc aussi compter avec ces données.