L'ancien président d'Alysé, en retraite depuis quatre ans, a accepté de se livrer sur sa « nouvelle » vie.

Retraite : que devient Guy Buntz ?
L'ancien éleveur de Tarsul, près d'Is-sur-Tille, en visite le 17 février à l'assemblée de la Simmental Française.

Sa tête n’est pas inconnue dans Terres de Bourgogne, où il est apparu dans bon nombre de compte-rendus d’assemblées générales. Ce grand passionné de vaches laitières les aime toujours autant, et c’est avec grand plaisir que cet homme de 64 ans s’est rendu il y a quelques jours sur l’exploitation de Thomas Cotiby, à Villy-en-Auxois, dans le cadre de l’assemblée générale de la Simmental. Guy Buntz est en retraite depuis 2017 et a aujourd’hui stoppé toute responsabilité professionnelle, après avoir présidé le syndicat Prim’Holstein, l’Union des races et Côte-d’Or Conseil Élevage (aujourd’hui Alysé) pendant plusieurs années.

Un « petit » coup de main

Le cheptel de 140 Prim’Holstein et Montbéliardes est aujourd’hui géré par ses fils Fabien et Aurélien. Guy Buntz a-t-il réussi à « décrocher » ou continue-t-il de travailler sur l’exploitation qu’il a créée de A à Z, lui qui avait commencé avec une vache et quatre brebis en 1982 ? C’est un peu la question qui motive cette entrevue. Le petit sourire en coin de l’intéressé en dit long… « On n’arrête jamais totalement quand on aime autant ce métier. La traite, je viens toujours la finaliser et je viens faire du nettoyage, je ne peux pas m’en passer. C’est comme ça, c’est ma vie ! Oui, je suis encore bien opérationnel, notamment dans les coups de bourre et quand un de mes fils est absent », confie Guy Buntz, qui laisse malgré tout ses enfants s’occuper de la majorité du travail dans leur 2x12, traite par l’arrière. Concernant son réveil le matin, aucune modification n’a été effectuée depuis que l’éleveur a fait valoir ses droits à la retraite : « je n’ai jamais mis d’alarme près de mon lit durant toute ma carrière, même quand il fallait se réveiller en pleine nuit pour aller surveiller une vache, il n’y a donc aucun changement de ce côté-là. Je continue de me lever entre 5 heures et 5 h 30, il faut croire que les éleveurs ont une horloge biologique bien réglée en eux ! Les grasses matinées ? Je n’en ai jamais fait et je ne compte pas en faire, j’aurais l’impression de perdre mon temps. Par contre, le soir, il n’y a plus personne. Après la météo, je m’endors très vite… ».

Déstressé

Guy Buntz a beau s’occuper des génisses, très tôt, dans la matinée, son quotidien n’est plus le même qu’avant selon lui : « j’ai appris à lever le pied. Aujourd’hui, nous sommes en visite à Villy-en-Auxois : je ne suis pas pressé pour rentrer chez moi. J’ai aujourd’hui beaucoup plus de temps pour m’occuper de mes six petits-enfants. D’ailleurs, au moins deux d’entre eux semblent très intéressés par l’élevage, ce serait une grande satisfaction s’ils reprenaient la ferme à leur tour. Je m’occupe aussi de mon jardin et de ma basse-cour : je mets un point d’honneur à ravitailler toute la famille… Je voyage quand je peux, même si le covid nous pénalise sur ce point. Je prends aussi davantage de temps pour lire le journal, Terres de Bourgogne arrive d’ailleurs encore chez moi ! Dans l’exploitation, je laisse bien entendu les décisions à mes enfants, je ne me torture plus l’esprit pour connaître par cœur la réglementation, cela me fait du bien. Je m’occupe en revanche de la trésorerie : à ce titre, même s’il y a une petite embellie en ce moment en élevage, je m’inquiète de l’ampleur de toutes ces factures, toutes les charges augmentent et c’est quand même très inquiétant. Enfin, concernant mes anciennes responsabilités professionnelles, il est vrai que cela fait un grand vide de ne plus voir beaucoup de monde. Les relations humaines sont très importantes pour moi. J’ai toujours aimé côtoyer les passionnés de l’élevage. Je ne manque aucune occasion de les revoir, quand je suis invité comme aujourd’hui ».